Salles d’asile… Salles de classes… ou petit mot d’un parent à son enfant

« Mon ENFANT

Les conditions actuelles de la rentrée de mai que je reçois, ton anxiété que je ressens, tes yeux qui reflètent l’inquiétude, tes interrogations, me font t’écrire ce petit mot pour te transmettre la belle histoire de l’ÉCOLE.

Il y a très longtemps, des enfants pauvres, souvent de jeunes filles, restaient dans la rue sans apprendre à lire, à écrire, sans instruction. Leurs parents occupés à travailler souvent à des tâches pénibles, ne pouvaient s’occuper d’eux.

Souffrant de cette situation des femmes charitables, des philanthropes, dotés d’une réelle vision de l’avenir en commun, créèrent en 1830 des « salles d’asile » à Paris, bien avant dans les Vosges, « salles d’asile » qui s’appelèrent plus tard école maternelle.

Les méthodes d’enseignement employées étaient relativement dures. Il fallut tout le talent d’une femme, Marie Pape-Carpentier, pour modifier le fonctionnement de ces institutions. Sa vision de ton école s’appuyait sur sa formule magique :

« Soyez plus que des éducateurs, Soyez des libérateurs »

D’autres, Jules Ferry et Camille Sée, lui succédèrent dans ce combat libérateur, pour donner à ton école un socle solide d’enseignement pour tou.te.s, une école où l’on forme de futures femmes et de futurs hommes libres penseurs.

De toutes les rentrées que tu as connues, celle du mois de mai sera un peu particulière. Le virus que tu appelles coronavirus, que les grands appellent COVID 19, et dont tu as entendu si souvent parler, est toujours là. Lui aussi veut aller à l’école. Il va falloir t’en protéger en suivant bien toutes les consignes que ta maîtresse, ton maître t’apprendra dès la rentrée : la distanciation physique à l’école, les gestes barrière, et le lavage de tes mains plus de huit fois par jour pendant 30 secondes.

Ne sois pas surpris de voir ta maîtresse, ton maître porter un masque. Ce sera pour vous protéger du virus. Ne sois pas surpris de ne pas retrouver toutes tes copines, tous tes copains de classe. Ils auraient aimé être avec toi, mais ton école est trop petite maintenant avec la présence du virus pour vous accueillir tou.te.s en toute sécurité.

Tu ne seras pas seul. Tu pourras compter sur toute l’attention de ta maîtresse, de ton maître ; la même attention exprimée pendant ces longues semaines de confinement où jamais leur effort n’a été relâché pour te permettre à distance de continuer à apprendre. Tu lui as manqué et je sais que vos retrouvailles seront heureuses.

Sois courageux, mon ENFANT !

Avec tes copines et tes copains, vous retrouverez le temps d’avant, vos jeux de billes, de ballons, de cordes à sauter, vos bousculades, vos rires, vos bruits dans la cour de récré.

D’aucuns y travaillent, institutions, associations, philosophes, écrivains, chercheurs, anthropologues, sociologues, enseignants, psychologues, médecins, des femmes et des hommes engagés dans différents mouvements, et bien d’autres encore, pour que ton école, en dépit de la présence du virus, demeure fraternelle et universelle.

Ce petit mot, mon ENFANT, je te l’écris. Je le pose sur ton cœur, et comme un ami à qui tu demandes de l’aide pour retrouver ton chemin, je te prends par la main, confiant, pour continuer ENSEMBLE notre petit bonhomme de chemin…vers ton ÉCOLE. »

Christian-Raja Villeroy

Groupe local EELV Paris 15e